Le gaz naturel représente approximativement 25% de la consommation finale d’énergie en Belgique et près de 45% à Bruxelles, ce qui montre son importance pour notre pays. Cette source d’énergie que nous consommons quotidiennement pour se chauffer et se nourrir, est principalement importée de Norvège, du Qatar, du Royaume-Uni et historiquement de la Russie.

Crise énergétique liée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie 

Avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, l’Europe a revu sa politique en matière d’approvisionnement en gaz naturel. À la hausse des prix s’ajoute désormais la volonté stratégique de l’Europe de réduire le plus rapidement possible les importations d’énergie russe en vue de tendre vers une plus grande indépendance énergétique.

Actuellement, tous les pays n'ont pas la même dépendance au gaz russe. L’Allemagne et l’Italie, par exemple, figurent parmi les pays les plus exposés, avec une dépendance de 50% et de 46 % vis-à-vis du gaz russe.

Mais qu’en est-il de la Belgique ? 

La Belgique, plaque tournante du gaz à destination de l’Europe  

Avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, les livraisons de gaz russe ne représentaient que 6 % de la consommation belge. De plus, notre territoire se trouve au cœur du paysage gazier européen (terminal de Zeebrugge, etc nombreux points d'interconnexion avec tous les marchés adjacents : Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Allemagne, Luxembourg,...).

En effet, nous disposons d'un approvisionnement en gaz naturel diversifié qui nous permet de maintenir un niveau élevé de sécurité d'approvisionnement.

Le risque de pénurie de gaz naturel est donc relativement faible en Belgique

Un mécanisme de solidarité européen  

En cas de fermeture de gazoducs par la Russie suite à une maintenance ou à des dégâts, l’Europe pourrait connaître un risque important de pénurie de gaz. C’est pourquoi un mécanisme de solidarité a été mis sur pied, obligeant les 28 pays européens à mettre une partie de leur gaz en commun en cas de pénurie. 

Plan d’urgence fédéral 

Un plan d’urgence fédéral belge défini en 3 niveaux de crise 

Au niveau national belge, le SPF Economie, en collaboration avec la CREG, le Centre fédéral de crise et le gestionnaire de réseau de transport Fluxys, a mis à jour un plan d'urgence en septembre 2022.  

En cas de risque accru de rupture d’approvisionnement en gaz, la ministre fédérale de l’énergie en collaboration avec Fluxys peut activer le plan d’urgence en définissant le niveau d’urgence  : « alerte précoce », « alerte » et « urgence ». 

1. Niveau d’alerte précoce

Des observations fiables démontrent un risque accru de détérioration de l’approvisionnement en gaz pouvant conduire au déclenchement du niveau d’alerte ou d’urgence.  

2. Niveau d’alerte

Face au risque accru de pénurie, Fluxys prévoit l’utilisation de réserves opérationnelles de gaz (réserves à Loenhout) et l’achat de gaz. Et/ou un pays frontalier active le mécanisme européen de solidarité.

Les gros consommateurs belges reliés aux réseaux de transport et de distribution (voir point suivant « clients non protégés») recevront un message leur indiquant qu’ils devront réduire temporairement leur consommation en gaz en cas d’activation de la phase d’urgence.  

3. Niveau d’urgence

L’approvisionnement en gaz vient à manquer et les gros consommateurs pourraient être amenés à devoir réduire temporairement leur consommation à une quantité minimale, afin de notamment sauvegarder l’approvisionnement en gaz des clients protégés. (source : Plan d'urgence de la Belgique (fgov.be) 

Trois catégories de consommateurs  

Ce plan est basé sur la définition de trois catégories de consommateurs. 

1. Clients protégés

Les ménages font partie des clients dits « protégés », de même que les services de santé et de secours. En cas de pénurie, il ne leur sera a priori demandé de réduire leur consommation de gaz que sur base volontaire, sauf en cas de « situation extrême ». 

2. Clients « prioritaires » 

Les centrales électriques au gaz, les sites Seveso, les infrastructures critiques.

Ils ne subiront de coupures de gaz que sur décisions spécifiques en fonction de la situation globale.  

3.  Clients « non protégés »

Le plan d'urgence comprend un ensemble d'accords visant à réduire temporairement leur consommation à une quantité minimale afin d’éviter des dégâts irréversibles sur leurs infrastructures.

Il s’agit de gros consommateurs de gaz reliés aux réseaux de transport (Fluxys) et de distribution (Sibelga).  

Des questions ?

Rendez-vous sur le site du SPF Economie