Rencontre avec les électriciens du gaz
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Rencontre avec les électriciens du gaz

Il a beau parler en ampères, volts et millivolts, Rudy travaille au sein du département Exploitation gaz de Sibelga. Avec son équipe, il veille à maintenir en bon état les conduites de gaz en acier… en utilisant de l’électricité !

Pour le commun des mortels, électricité et gaz ne font pas bon ménage. Il est vrai que la prudence impose qu’on évite les étincelles à proximité du gaz. Et pourtant, si elles n’étaient pas chargées en courant, les conduites de gaz en acier enterrées dans le sol ne feraient pas long feu.

La lutte contre la corrosion

Laissée à elle-même dans le sol, une conduite en acier peut rapidement se dégrader. C’est ce qu’on appelle la corrosion. Suite à une réaction électrochimique provoquée par la rencontre entre le métal, les courants et les éléments présents dans le sol, les tuyaux sont littéralement rongés. Un phénomène qui n’a pas uniquement des conséquences pour leur aspect extérieur, de toute façon invisible sous le sol, mais qui peut aussi réduire drastiquement leur durée de vie et représenter un risque au niveau de la sécurité (fuites de gaz).

« Rendez-vous compte », explique Rudy, « si l’on ne fait rien, un ampère grignote à lui seul 9,6 kilogrammes d’acier par année. Soit 1,90 mètres de conduite de 2 pouces. »

Et remplacer des conduites coûte cher. Sibelga met donc tout en place pour répondre à l’obligation légale de protection des conduites gaz moyenne pression et garantir la plus longue durée de vie possible pour les conduites.

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Une solution électrique

Ce phénomène de corrosion, de nature électrochimique, peut être maîtrisé par l’électricité.

En effet, si l’on injecte dans les conduites un courant, la corrosion devient impossible.

« C’est un peu comme si vous aviez un verre avec un glaçon. Laissé à lui-même, le glaçon va fondre doucement. Pour contrer ce phénomène, il faudrait pouvoir injecter une température négative dans le glaçon. C’est un peu ce que l’on fait avec le courant qu’on injecte. », explique Rudy.

Cette injection de courant est réalisée à partir d’installations spécifiques, appelées postes de soutirage, placées à différents endroits du réseau.

Un suivi constant

L’équipe de la protection cathodique, dont Rudy est le contremaître est chargée de cette mission délicate et essentielle. Elle intervient notamment lorsque l’on pose une nouvelle conduite : « Il faut veiller à ce que l’isolation par rapport au sol de la conduite soit parfaite, pour qu’il n’y ait pas de perte d’électricité », explique Rudy.

Elle intervient également à l’occasion de contrôles annuels sur l’ensemble du réseau gazier bruxellois. 6 000 points de mesure permettent de vérifier que le dispositif fonctionne correctement.

« Notre métier reste relativement peu connu, même parmi les gens du métier », constate Rudy. Ayez donc une petite pensée pour Rudy et son équipe la prochaine fois que vous allumerez votre chauffage !